Il suffit parfois d’une vallée et de quelques lacets pour change complètement de décor. À l’automne, le Parc national du Grand Paradis offre l’un des visages les plus spectaculaires de la Vallée d’Aoste. Dans les vallées de Cogne, Valsavarenche et Rhêmes, les mélèzes abandonnent progressivement leur vert estival pour une palette allant du jaune safran à l’orange cuivré.

Le contraste devient saisissant lorsque les premières neiges apparaissent sur les sommets : or des arbres, blanc des cimes et gris des villages de pierre composent une montagne graphique, sauvage et étonnamment silencieuse. La saison réserve aussi de belles rencontres : bouquetins et chamois peuvent être observés à des altitudes moins élevées.
C’est l’une de ces images qui semblent avoir été composées pour l’automne. Accessible à pied depuis le col San Carlo, au-dessus de Morgex, le lac
d’Arpy offre, par temps clair, une perspective spectaculaire sur le massif du Mont-Blanc. Autour de ses eaux, les myrtilliers rougissent tandis que
les mélèzes prennent des teintes dorées. Lorsque la surface du lac est parfaitement calme, montagnes et forêt viennent s’y refléter : un miroir naturel face au toit de l’Europe.

Plus haut dans la vallée, le Val Ferret, au-dessus de Courmayeur, change lui aussi complètement de visage. Les grandes prairies de l’été retrouvent leur calme, les sentiers se font plus silencieux et les mélèzes ponctuent le paysage de touches jaunes et or. Une autre manière de voir le Mont-Blanc, loin de l’effervescence estivale.

Il existe des routes que l’on emprunte pour arriver quelque part. Et d’autres que l’on choisit précisément pour ne pas arriver trop vite. Entre Saint-Vincent et Brusson, la route du col de Joux, à 1 640 mètres d’altitude, appartient à la seconde catégorie. À mesure que l’on grimpe, la forêt mixte compose un camaïeu spectaculaire : le vert profond des conifères côtoie les tons cuivrés et pourpres des feuillus et des cerisiers sauvages.










