Paysalia – Des jardins inspirés & inspirants

Au-delà de leurs expertises et de leur créativité, le travail des paysagistes et jardiniers est fortement influencé par les régions dans lesquelles ils interviennent. Climat, espèces végétales endémiques, contraintes topographiques… Chaque territoire possède ses spécificités propres et inspire, de manière différente, ceux qui sont amenés à y travailler. Le jardin réalisé dépend aussi beaucoup de la demande de la clientèle, une demande qui se façonne au gré des tendances et des modes de vie.

Ce guide d’inspiration questionne ces différents éléments pour esquisser les grandes lignes des tendances actuelles des différentes typologies de jardin. En bord de mer ou à la montagne, en campagne ou en ville, chaque espace développe sa propre personnalité, inspirée par le territoire, la nature et l’ère du temps.

LES JARDINS OCÉANIQUES

Face aux océans, le jardin océanique se compose de plantes résistantes, qui savent faire face aux vents, au sel et aux embruns. Côté littoral, les chênes verts, et le laurier- tin résistent aux bourrasques. Côté jardin, le romarin et la sauge décorent les espaces. Les végétaux aux feuillages argentés et aux couleurs bleutées se marient parfaitement, en compagnie du tamaris d’été, qui fleurit pendant toute la saison estivale en fines petites grappes roses.

Pieds dans l’eau, scrutant l’horizon, aspirant à pleins poumons l’air iodé… Vous voici au bord de l’océan, au cœur d’un jardin océanique ! Dans le milieu sableux, extrêmement fragile d’une dune blanche, se mêlent le choux marin, l’oyat, le liseron des sables, le coquillier maritime, le pourpier de mer, le panicaut maritime… En suivant les sentiers et en prenant un peu de hauteur, d’autres végétaux moins sujets aux embruns comme la rose pimprenelle, l’orpin âcre, les fétuques, l’œillet des dunes, puis viendront les ajoncs, l’aubépine, les prunelliers, le pin maritime agrémentent le paysage. Au cœur des ruelles typiques des villages de pêcheurs, les anciens jardinets fièrement campés devant les maisons s’opposent aux jardins les plus secrets. Agapanthes, roses trémières, romarins, hortensias, véroniques, rosiers anciens, chèvrefeuilles, et géraniums s’y côtoient de mille façons. Des espaces plein de vie à parcourir, à respecter et dont vous pouvez vous inspirer. Une merveilleuse connivence avec la terre, le vent, l’eau et le soleil… les ingrédients des plus beaux jardins océaniques.

Aurélie BISEUIL, Horticultrice & François BISEUIL, Paysagiste: “Paysage du Léon” – Adhérents Unep

LES JARDINS DE MONTAGNE

Le jardin de montagne, du fait de son terrain et de son climat exigeant, nécessite un soin particulier. En pente ou en terrasses, la terre se pare de sapins, mais aussi de vivaces comme les géraniums, les lavandes et les marguerites. À l’ombre, les reines-des-prés, les barbes-de-bouc, et les fougères s’épanouiront mieux. Les Edelweiss, les étoiles des neiges, les gentianes et les digitales apporteront la touche finale à côté des chalets de bois.

Il n’y a pas de jardin de montagne “type”… En effet, en fonction de nombreux critères comme l’orientation du jardin, son exposition, la typologie des sols, le degré des pentes… la palette végétale associée sera différente. Le jardin de montagne est donc multiple ! Pour résister aux intersaisons longues, j’utilise régulièrement des conifères de petit développement et des vivaces qui sont des plantes colorées, hautes et à fort pouvoir couvrant… Je replace aussi des pierres au sein des jardins pour retrouver l’aspect minéral des montagnes. Au sein de ces paysages authentiques, peu dénaturés par l’Homme, il me semble primordial pour le jardin d’être en harmonie avec son espace naturel. Il est donc nécessaire de choisir des végétaux qui poussent naturellement, de manière locale ou qui s’en rapprochent. Pour moi, un jardin de montagne réussi, c’est quand le travail de l’homme ne se remarque pas!

Olivier FRANÇOIS, Pépinières d’altitude et paysage – Adhérent Unep

LES JARDINS DE CAMPAGNE

Le jardin rural, de campagne ou de curé, regroupe un mélange de plantes sauvages, de plantes médicinales, aromatiques et de bulbes qui donnent des atmosphères empreintes d’un romantisme suranné. Des fleurs d’aspect rustique comme les Echinacea blancs qui ressemblent à de grosses marguerites ou les sauges et les orties fleuriront abondamment l’espace. Les rosiers complèteront l’ambiance sauvage du jardin.

Lors de la création d’un jardin de campagne, il faut être attentif à structurer l’espace tout en conservant, en son centre notamment, une végétation fleurie et dense… pour le côté « sauvage et naturel »! Tout la subtilité est là : le jardin est structuré et pensé par l’homme, mais son intervention doit rester discrète, « comme si les plantes avaient toujours été là ». Le choix des végétaux de porte souvent sur les plantes vivaces, les graminées, les rosiers buissons, les hortensias, le chèvrefeuille, le jasmin ou la pivoine… qui sont plantés en prenant en compte l’exposition ombre/lumière de l’espace. Il faut laisser le jardin s’exprimer et vivre et compter 2 à 3 ans pour espérer un résultat final. Dans ce type de créations, le végétal prend le dessus sur les matériaux d’ornement utilisés, souvent naturels en bois ou en pierre, mais aussi en métal pour le côté déco. Attention, préserver le côté sauvage du jardin de campagne n’induit pas un aspect « fouillis » ! L’environnement périphérique, comme les abords et les voies d’accès, se doivent d’être soignés et structurés. Le jardin de campagne reste maitrisé !

Romain CELLIER, Responsable de projets, H. Lecomte Hydrobulles – Adhérent Unep

LES JARDINS URBAINS

Dans un jardin partagé, sur une terrasse, un toit ou un balcon, il est nécessaire d’investir tous les espaces disponibles. Les urbains, pour dissiper la grisaille et le stress de leur mode de vie, s’organisent pour aménager des espaces verts sur leurs lieux de vie.

De mon point de vue, le jardin urbain idéal n’existe pas ! Il n’est pas facile de réunir les paramètres permettant de garantir la croissance des plantes en ville. Les contraintes techniques, économiques et juridiques aussi sont nombreuses et elles entrainent des difficultés de création, d’entretien et de pérennité d’un jardin urbain. Tous les jardins, urbains ou non, nécessiteront toujours soins et respect et il sera toujours plus simple de maîtriser l’inerte plutôt que le vivant. Cependant le jardin urbain reste une occasion rare et unique de témoigner de la force et de la beauté du monde végétal au sein de nos villes. Tout l’intérêt de ce travail réside dans la création de jardins qui sachent étonner, surprendre et émouvoir. Aujourd’hui, la tendance est à une prise de conscience collective et l’étendue des problématiques liées aux évolutions du climat nous rappellent à quel point le monde végétal est indispensable à notre vie en milieu urbain !

Anne-Laure GIROUD, Paysagiste D.P.L.G.

www.Paysalia.com

Laisser un message

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *