Construire en extérieur : la qualité des matériaux et outillages

En extérieur, dès lors que vous envisagez de réaliser des aménagements ou des travaux de maintenance ou de construction, la question du choix des matériaux et outillages se pose. En effet, du fait même de conditions bien différentes de celles de milieux protégés, comme une maison ou un atelier, le choix prend une tout autre importance pour un résultat efficace. 

Or, depuis plusieurs années déjà, de réelles avancées qualitatives permettent de disposer d’un panel de solutions dont il serait dommage de se priver. Explications et cas concret.

Humidité, chaleur, gel, sécheresse, poussière, UV… imposent le meilleur !

Maison & Jardin Actuels évoque les contraintes liées aux aléas climatiques et à l’extérieur dans ce numéro, dans l’article relatif aux équipements de terrasse. Cela vaut tout autant concernant les matériaux et les outils que l’on utilise dehors, à plus forte raison quand on est soumis à d’autres contraintes supplémentaires comme l’enneigement ou les embruns.

Le fer, longtemps utilisé tel quel pour réaliser rambardes et portails, a laissé par exemple de bien mauvais souvenirs à qui devaient les entretenir, tant il fallait d’efforts, de régularité et de persévérance pour le maintenir en bon état. Cela passait par l’usage de produits toxiques ou dangereux, avec les décapants, les antirouilles et peintures d’antan. Plus récemment, bien des bois de mauvaise qualité ou de faible épaisseur, proposés « à bas prix » dans les grandes surfaces de bricolage, ont dépité bien des bricoleurs face à leur très mauvaise tenue en extérieur. Il en fut de même avec les matériaux composites dont beaucoup perdent leurs propriétés technologiques ou se décolorent et se ternissent sous l’influence du soleil.

Quant aux outils (manuels et à moteur électrique ou thermique), qu’ils soient pour bricoler ou pour entretenir le jardin, c’est du même ordre. Inadaptés, ils montrent très vite leurs faiblesses quand ils ne tombent pas tout simplement en panne ou deviennent dangereux d’utilisation. C’est qu’il ne faut pas sous-estimer les impacts des facteurs climatiques sur eux, ni l’humidité du sol ou la puissance des rayonnements solaires. Ajoutons les contraintes d’usages parfois fortes que nous leur imposons et l’on comprend aisément qu’il vaut mieux être bien conseillé au départ pour réaliser les meilleurs choix.

Côté outillage, il y a de formidables avancées

Si aucun outil manuel (binette, fourche, bêche…) ne saurait surpasser en robustesse et qualité ceux que l’on forge comme autrefois et que l’on pourvoie d’un bon manche en « acacia » ou en noisetier, du côté des machines-outils il en va autrement. Délaisser les anciennes pour profiter des derniers modèles c’est profiter de toutes les avancées technologiques qu’elles utilisent. Moins de corrosion, plus de légèreté et de maniabilité, moins de pannes, etc., et surtout… plus de fil électrique dangereux à déplacer avec, ou de moteur thermique à alimenter sans cesse en carburant. Cela est vrai pour la plupart des jardins, car les avancées qualitatives dans les outillages électroportatifs à batterie sont spectaculaires. Fi des premières batteries qui ne tenaient pas, d’une part, et vive les batteries interchangeables qui peuvent servir à des outils très différents, de bricolage comme de jardinage ! C’est pratique et prend moins de place dès lors que l’on choisit de bonnes marques.

Ainsi, l’outillage électroportatif de qualité est irremplaçable pour travailler efficacement, vite et en sécurité dans de nombreux domaines maintenant.

Côté matériaux c’est pareil

Les nouveaux alliages sont formidables pour ce qui est du métal, et cela à d’énormes conséquences pour des domaines auxquels on ne pense pas forcément immédiatement : clouterie, visserie et quincaillerie en général. Dans l’ensemble, clous et vis coûtent cher, alors qu’ils présentent beaucoup de faiblesses en extérieur et sont à l’origine de la mauvaise tenue des assemblages… sauf si, aujourd’hui, on choisit l’inox ! C’est LA solution la plus adaptée à cet effet, et les avancées sur le profil des clous et vis, et sur leur robustesse au clouage/vissage, permettent de disposer maintenant de produits très performants, durables, faciles de mise en œuvre. Il est important d’insister sur ce point, car c’est souvent sur le poste de la quincaillerie que les bricoleurs (et même certains artisans) cherchent à faire des économies alors que ce doit être tout l’inverse, même si une vis n’est pas vraiment ce que l’on admire le plus dans une réalisation !

Pour le bois, c’est un peu différent puisque l’homme ne peut pas en créer de nouveaux, mais plutôt (ré) apprendre à mieux les choisir et les utiliser, comme c’était le cas autrefois (beaucoup ont ainsi traversé les siècles !). En plein air, la haute tenue d’un bois bien choisi et son incomparable beauté naturelle justifient à elles seules de faire appel à ce matériau irremplaçable et vraiment formidable. Mais comme le choix peut être compliqué pour tout un chacun, non expert, puisque cela dépend de nombreux facteurs et de connaissances certaines, l’achat du bois ne peut pas se faire dans un rayon de supermarché ! Rendez-vous donc chez un négociant spécialisé ou une scierie de la région concernée. Ces établissements connaissent parfaitement les contraintes climatiques locales et ont de très nombreux retours des professionnels qui s’approvisionnent chez eux quant à la tenue des produits vendus et à leurs usages possibles en extérieur. Ils sont les plus experts pour vous guider dans vos choix, autant sur des questions de qualités de bois que sur des aspects techniques, des quantités nécessaires… Le plus souvent ils proposent également les quincailleries professionnelles indispensables pour réaliser vos aménagements, dont visserie, équerres, clouterie, plots… Telles entreprises installées en région parisienne, en Bretagne, en Aquitaine ou dans l’est vous présentent donc les produits les plus adaptés à chacune de ces régions. 

Exemple pour une terrasse de qualité

Pour illustrer et mettre en application les points évoqués précédemment relativement aux bois, vis ou clous, et outillages, prenons un exemple de construction de terrasse en bois. 

Plaçons-le géographiquement dans une région où les aléas climatiques peuvent être très marqués : longues sécheresses et fortes chaleur en été, pluies importantes en automne et au printemps avec vents potentiellement violents, hivers secs et aux amplitudes thermiques journalières parfois marquées. Dans ces conditions, il n’est pas souhaitable de choisir un bois de montagne (mélèze, par exemple), car il serait soumis à des contraintes contraires à celles qu’il a connues en nature. Le choix peut se porter vers du douglas ou un pin autoclave (classe 4) de bonne qualité, dont le résultat sera plus esthétique et moins sensible aux rayonnements solaires (UV et infrarouge) que des lames en matériaux composites.

Pour éviter les phénomènes de torsions et déformations des bois, prenons des lames de qualité supérieure, c’est-à-dire avec très peu de nœuds, et des petits nœuds. Pour réaliser l’ossature porteuse, choisissons des bois rabotés (non rabotés, ils gardent trop longtemps l’humidité en surface) en pin autoclave classe 4, de section 46 x 72 millimètres. Ils seront posés par leur petit côté sur plots à lambourde réglables (il en existe en diverses hauteurs, ce qui permet de réaliser la terrasse même sur surface irrégulière [mais stable !]. Dans le climat considéré, et en vue d’une fréquentation normale de la terrasse, sans surcharges importantes [pas de mobiliers ni poteries très lourdes], l’espacement entre lambourdes peut-être de 50 ou 60 cm, et l’espacement entre plots de 40/50 cm. Des équerres 60 x 80 x 80, épaisseur 2,5, vont permettre de fixer des entretoises tous les mètres, entre les lambourdes, afin de renforcer l’ossature.

Concernant les lames de surface [ou d’habillage], il faut absolument éviter les phénomènes de torsions et déformations des bois. Prenons-les donc en 27 millimètres d’épaisseur. Elles auront de surcroît l’avantage de ne pas se fendre en séchant. Elles seront espacées de 2 à 3 mm les unes des autres.

  • Astuce : pour la pose des lames de terrasse, il est important de les utiliser au plus vite après livraison [en les stockant le plus possible à l’ombre ou couverts d’une bâche], pendant qu’elles sont encore humides de l’imprégnation autoclave. C’est le meilleur moyen pour travailler efficacement et proprement, sans éclatement de bois [notamment aux extrémités] ni déformation de lames.

Chacune sera vissée sur l’ossature par deux vis [sur chaque bord de la lame], et ce sur chaque lambourde, soit 26 vis pour une lame de 6 mètres de long. Les vis inox [obligatoirement] à tête fraisée pour bois dur seront longues, soit, dans ce cas, des vis A2 de 5 X 60. De leur qualité, de leur bonne pose et de leur densité suffisante dépend entièrement la durabilité de votre installation. À noter que si vous choisissez des lambourdes en aluminium, il existe des vis spécifiques à cet effet. Pour leur pose rapide et propre, dans tous les cas, il vous faut une bonne visseuse à batterie interchangeable, avec deux batteries, afin d’en avoir toujours une en charge pendant que la seconde est en usage. Par bonne visseuse, il faut comprendre un outil léger [pour ne pas fatiguer], avec une excellente prise en main, peu bruyante et robuste aux chocs et chutes. Des batteries longue durée 20V 4Ah à charge rapide sont parfaites. Notez que ces mêmes batteries peuvent être compatibles avec d’autres outils, y compris de jardin, chez certaines bonnes marques.

Une fois les lames posées, il est important de rapidement renforcer leurs propriétés face aux aléas climatiques en leur appliquant, en deux couches successives, un saturateur spécifique pour bois. L’opération, répétée tous les ans, pérennise votre réalisation en lui gardant en plus toute sa fraîcheur et sa beauté, même si une indispensable patine va logiquement apparaître.

Un peu d’attention et de soins dans l’usage et dans le nettoyage courants suffiront à préserver le résultat spectaculaire obtenu.

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