Le mobilier dans les tendances actuelles

Envie de changement d’ambiance et de nouveau mobilier ? Oui, mais pas n’importe comment ! Telle est la tendance qui semble déterminer de plus en plus nos comportements face à un secteur où la profusion de produits offre le meilleur comme le pire, sous l’angle de écoresponsabilité.

Entre la raison et le plaisir, il n’est pas toujours facile de faire le bon choix ; surtout si le porte-monnaie s’en mêle, notamment pour les jeunes ménages qui trouvent assez logiquement les réponses dans les meubles industriels en kit, et bon marché. Dilemme ! Pourtant, toutes générations confondues, un nombre croissant de personnes adoptent de bonnes solutions en s’orientant vers des matériaux naturels et recyclables, vers des mobiliers anciens entièrement revisités ou rénovés, ou vers des créations faites pour durer et adaptées aux styles urbain et industriel. Bois, métal, osier, bambou, rotin… que des matériaux sains et intemporels.

TENDANCE 1 : Tant de trésors mobiliers à repenser ou à rénover

La frénésie de la nouveauté à tout prix semble ne pas pouvoir s’arrêter. Elle s’entrechoque pourtant avec force avec la lutte anti gaspillage en créant une logique de l’éphémère jetable. Oui, mais c’est bon pour l’économie, peut-on dire. Non, si c’est mauvais pour l’écologie, peut-on répondre. Et si la bonne réponse conciliait les deux, ne serait-ce pas mieux ?

Elle existe, au pluriel, grâce au talent d’artisans et créateurs volontaires dans cette démarche, et à des façons nouvelles d’envisager la nouveauté.

  • Soyons tendance, et « relookons » !

À très vilain terme, très belle vision : le franglais peu délicat de « relooker » peut se traduire en d’autres mots comme « moderniser » ou « revisiter », mais définit le principe simple de prendre l’existant pour le transformer ; soit en changeant l’aspect du meuble, soit en le détournant de son usage initial, soit en recomposant un meuble à partir de plusieurs, soit en combinant ses diverses possibilités. Le raisonnement se fonde sur l’idée que jeter des meubles anciens, globalement créés avant les années 50, est une pure folie que seule une société de consommation irresponsable peut perpétuer malgré sa conscience des problèmes posés. En effet, jusqu’à la dernière guerre, un meuble était un achat durable et transmissible. On l’achetait cher, car il était bien fait et bien pensé. Haute qualité visible de l’extérieur, mais haute qualité aussi dans les assemblages et aménagements intérieurs : tenons et mortaises, queue d’aronde, goupilles en bois, quincaillerie robuste et facile à démonter et entretenir. Même les étagères des meubles étaient conçues pour être à peu près… inusables, épaisses et très solidement assises sur des tasseaux latéraux bloqués dans des crémaillères en bois. Paradoxalement, ces mobiliers robustes et majoritairement en bois massif sont devenus sans grande valeur aujourd’hui !

Pour ces meubles est né l’art de « relooker », car il s’agit bien d’artisanat d’art ! De fait, pour préserver toute leur qualité il faut de la patience, les bonnes méthodes, les bons produits et un certain talent pour réaliser des finitions irréprochables. Nettoyer, décirer, décaper, traiter les rayures, les brûlures et les fentes, réparer, modifier ou transformer, éclaircir ou vieillir, teinter, décorer, peindre, appliquer une céruse ou réussir des patines… autant d’opérations qui ne s’improvisent pas. Le résultat est vraiment stupéfiant, tant l’artisan, à la manière du transformiste de music-hall, peut rendre méconnaissable l’objet et lui apporter une modernité et une fraîcheur insoupçonnables. L’armoire de grand-maman, la vieille commode, le bureau désuet deviennent de magnifiques meubles… pour longtemps ! Même les fauteuils, chaises et canapés changent radicalement par de nouvelles teintes de cuirs, de beaux tissus contemporains, des patines et finitions audacieuses…

  • Soyons fous, et associons meubles de caractère et « déco tendance » !

Ce qui est vrai avec les meubles anciens, l’est a fortiori pour ceux qui allient les plus riches techniques de l’artisanat d’art ; sauf que ces témoins patrimoniaux de notre histoire imposent le respect de leur style. La préciosité des placages, des dorures, des marqueteries, etc. doit être respectée. La rénovation de ces meubles est affaire de spécialiste, formé aux méthodes traditionnelles, capable de mettre en œuvre les techniques anciennes qui ont fait de ces objets de belles pièces.

Pour autant, il y a bien des raisons de ne plus accepter les ambiances trop rigides et formelles qui ont prévalu jusqu’à récemment. Qu’à cela ne tienne, osez changer le décor en misant sur plusieurs idées : mélange de styles et d’époques, confrontation à la couleur et aux matières par les rideaux, coussins et objets décoratifs, mise en valeur dans un cadre ultra contemporain ou minimaliste, etc. Cela implique un choix minutieux des meubles à conserver et à faire rénover, et des nouveaux éléments à acquérir pour les y associer. Mais le résultat peut, là encore, être spectaculaire. Cette approche est à comparer à la muséographie contemporaine, qui met en scène les œuvres les plus anciennes dans un contexte parfaitement actuel : c’est magnifique !

TENDANCE 2 : Des créations artisanales entre tradition, modernité et nature

Nous sommes parmi les pays du monde où les savoir-faire artisanaux sont non seulement nombreux et riches, mais également toujours bien vivaces et en perpétuelle adaptation aux évolutions des attentes et des besoins. Malgré tout, dans le domaine du meuble, beaucoup de corps d’artisanat ont bien souffert de la forte industrialisation du secteur, d’autant que les évolutions technologiques et la chimie des matériaux permettent d’imiter plus ou moins grossièrement et à bas coût leurs productions. Imitation bois, imitation panneaux laqués, imitation vannerie, etc. Mais imitation seulement, et sans grandes vertus pour la planète !

C’est plus ce second point que l’imitation qui nous motive à regarder différemment ce que nous achetons. S’y ajoute un autre aspect, celui de la santé, car l’industrie du secteur a failli à son égard en utilisant notamment des substances nocives très dangereuses pour la santé, notamment avec les colles, les imprégnations, les vernis, etc. Les composés organiques volatils (COV) qu’ils contenaient ont fait couler pas mal d’encre et susciter la méfiance relativement au mobilier produit en masse. Dans un contexte de remise en cause de nos manières de produire et de consommer, il est donc logique que l’on s’intéresse à nouveau à des produits beaucoup plus naturels. Mais aussi à des fabrications plus humaines et durables, surtout que beaucoup d’adaptations sont faites à ce niveau, pour répondre autant à des considérations esthétiques en perpétuelle évolution qu’au porte-monnaie des ménages.

Si le bois massif retrouve une certaine aura, d’autres matières naturelles renaissent encore plus ; soit parce qu’elles apportent une touche d’exotisme, comme les bambous, soit parce qu’elles apportent un délicieux petit côté vintage ou romantique comme l’osier, le rotin ou d’autres matières tissées, seules ou associées à d’autres. Si le rotin est issu d’un palmier grimpant éponyme qui pousse sous les tropiques, l’osier est typiquement de nos climats. Ce sont les rameaux d’un saule autrefois courant dans tous les bocages de France. Partout dans les campagnes, on pouvait voir ces arbres étonnants par leur forme bien particulière, en trogne, qu’ils adoptent avec les tailles successives raisonnablement menées. Patrimoine exceptionnel et historique, ces trognes sont aussi à elles seules de véritables écosystèmes et aujourd’hui préservées de l’arrachage. Il y a donc toute une chaîne vertueuse à la fois économique et écologique autour du bien nommé saule des vanniers, et des savoir-faire uniques qui, à eux seuls, justifieraient de choisir les meubles en osier.

Mais quand il s’agit de déco et d’ameublement, ce sont bien les propositions modernes, accessibles, originales et durables qui justifient le choix, car des artisans ont su perpétuer cet art de la vannerie en l’adaptant à nos goûts et besoins actuels.

TENDANCE 3 : Ces ambiances de métal, urbaines et durables

Cette troisième tendance est en lien direct avec le vivre et le travailler en ville, car c’est d’eux que sont nées de nouvelles manières d’envisager les logements, leur agencement et leur ameublement. Même si les styles industriel et atelier et l’esprit loft ne sont plus des nouveautés, ils ont su affirmer leur place et leur intérêt, et sont à leur tour, comme tout autre style avant eux, à devoir s’actualiser et innover pour se perpétuer. Et ça marche, très bien même ! Sans doute parce que les matériaux utilisés sont résolument différents ou traités différemment.

  • Avec le style industriel, le métal est roi

C’est normal puisque ce dernier marque fondamentalement la révolution industrielle et a bouleversé la construction immobilière. Une déco de style industriel doit offrir ses charmes par son aspect brut et imposant, et par ses structures d’acier, associé ou non au bois. Le béton peut être très présent (tendance urbaine). L’évolution du style tend de plus en plus à associer le design et le rétro (ou vintage), et à donner la part belle à la récupération et au détournement d’objets. Le vrai caractère des espaces tient dans la présence de quelques belles pièces authentiquement d’époque et d’origine vraiment industrielle. Par exemple, les meubles métalliques à clapet qui se transforment en buffet, les établis ou les tables d’architecte en table de repas, les chaises métalliques en chaises de salle à manger, les vestiaires métalliques en penderie, etc. S’y ajoutent les créations récentes qui conservent l’esprit « de l’époque » tout en apportant des interprétations et adaptations inédites, voire artistiques.

On comprend aisément que le monde industriel étant très vaste, le choix est immense. On peut tenter de se tenir à une époque (années 50) ou à un type de matière (meubles en tôle). On peut aussi s’attacher à une industrie ou un corps de métier donnés : la carrosserie et la production automobile, la pharmacie et l’herboristerie, l’architecture et le dessin, la photographie et l’animation, etc. Les anciens meubles des administrations, des armées, des cuisines de collectivité, mais aussi de nombreux commerces sont souvent de vrais trésors, à des prix très accessibles. Les créateurs actuels réalisent également de très belles pièces qui alimentent avec talent le style.

  • Avec l’esprit loft, le métal n’est jamais bien loin

Pour les puristes, est loft tout ancien local professionnel transformé en logement ou en studio de travail ou d’artiste. Boutique, bureau, usine, atelier, entrepôt, garage, hangar… la liste est large. On devine aisément que loft et style industriel peuvent tout à fait se rejoindre, mais rien n’y oblige. « Loft », de l’allemand « luft », indique une sensation d’espace d’abord. Habitat initialement non conformiste et aux vastes espaces, il garde malgré tout son aspect atypique et a fait naître la tendance esprit loft, qui connaît aussi un vrai engouement. À partir d’un logement existant, et par décloisonnement et remaniement éventuel des circulations entre étages, ou à l’occasion d’une construction neuve, on crée de grands volumes dans lesquels on installe des mezzanines, des escaliers et passerelles en métal, des verrières en guise de cloison, des murs de parement ou des bétons travaillés, etc. Le résultat, souvent magnifique, se distingue de son inspirateur, le véritable loft, par l’absence d’éléments d’origine, ce qui n’interdit pas de s’offrir de belles pièces rapportées, dont le mobilier. Les matériaux actuels et leur mise en œuvre permettent de réaliser de très belles alliances entre design et rétro, et de se créer de vraies ambiances avec des structures plus légères et plus simples d’entretien qu’avant, notamment avec l’aluminium, l’acier corten, l’inox…

  • Avec le style atelier, le métal est aussi présent

Là encore, il faut se rapprocher des origines pour comprendre le style atelier. Que l’on parle d’atelier de couture, d’atelier de mécanique ou d’atelier d’artiste, il y a toujours des points communs, en particulier le fait que ce sont des lieux où la vue doit être dans les meilleures conditions pour assumer le travail : la lumière est toujours essentielle, et l’espace souvent présent. Mais qui dit lumière ne dit pas forcément soleil direct, c’est presque toujours le contraire d’ailleurs.

L’atelier est donc un lieu de bonne taille, parfois vaste, voire immense, plus rarement restreint (atelier d’horloger ou de joaillier), baigné de lumière par un ou plusieurs côtés, par le haut, ou par les deux. La présence de baies vitrées, de cloisons vitrées et de verrières est la caractéristique essentielle. Ces éléments vitrés ont historiquement des structures en métal, en acier même, et très souvent de couleur noire puisque les autres couleurs n’étaient pas dans les habitudes. Mais là encore, les matériaux actuels peuvent modifier la donne.

Après, pour l’ambiance, tout est question de choix et de goût. Rien n’interdit d’adopter un style d’inspiration industriel. Mais on peut aussi aller vers d’autres voies. Par exemple, l’atelier d’artiste : même si le terme tend à être galvaudé, il est intéressant pour qui aime le foisonnement et les œuvres d’art.

En tout état de cause, les sources d’inspiration se trouvent dans les vrais ateliers d’hier ou d’aujourd’hui, avec des choix presque à l’infini. Le tout est de rester cohérent pour ne pas transformer l’espace en un pêle-mêle indéchiffrable. Là encore, les designers et créateurs proposent des meubles et objets décoratifs magnifiques qui, tout en étant contemporains, voire avant-gardistes, sont suffisamment suggestifs pour apparaître comme de véritables hommages au monde du travail et de l’industrie qui les a inspirés.

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